Kampala Geopolitics : African Unity

Written by on 5 November 2019

Where is African unity heading? Sur un sujet aussi épineux, on s’attendait bien sûr à des échanges enflammés. Et après plus de deux heures de débats, commentaires tumultueux et questions parfois percutantes, on peut dire que cette rencontre fut bien à la hauteur de ces attentes. Une mention spéciale doit être attribuée au modérateur Alan Kasujja, qui a su briller par son dynamisme et professionnalisme pour s’assurer de la participation de tous, panélistes et membres du public. Il a ainsi permis à cette conférence de revenir sur des éléments factuels, comme l’origine du projet d’unité des pays du continent, tout en levant le voile sur les blocages visibles et invisibles.  

Pour parler du rêve de l’unité africaine, il a fallu tout d’abord revenir sur quelques dates clés :

  • 1924 : l’idée des Etats unis d’Afrique est proposée par l’écrivain Marcus Garvey, c’est le début du rêve
  • 1963 : Naissance de l’Organisation de l’Unité Africaine à Adis Abeba
  • 2015 : Adoption de l’Agenda 2063, une vision et un plan d’action pour construire une Afrique prospère et unie

On a ensuite expliqué les étapes nécessaires pour parvenir à un processus d’intégration abouti : 

  • Liberté de mouvement des populations et du capital
  • Coopération économique et financière 
  • Partage du pouvoir politique, etc.

Et c’est ce dernier point qui semblait être le plus utopique pour l’assistance qui a dénoncé l’égocentrisme des dirigeants africains qui ne seraient pas prêts à perdre le contrôle. D’ailleurs les succès mitigés et les efforts renouvelés pour parvenir à une unité ont amené à énoncer un certain nombre de questions centrales : pourquoi travailler avec d’autres pays, pourquoi est-il important de collaborer ? Face aux contradictions et aux difficultés à surmonter pour parvenir à l’intégration, quelles sont les solutions possibles pour parvenir à une meilleure collaboration des 54 états africains ? A qui profite l’indivision des pays africains ?

H.E Rosette Nyirinkindi Katungye a tenté d’apporter une touche positive au débat en soulignant les réussites et compétences multiples de l’African Union. Elle a également rappelé que cette organisation permet aux pays de discuter sur la scène internationale en tant que groupe homogène. De même Dan Kidega a souhaité souligner les bénéfices de l’union des pays de l’Afrique de l’Est en expliquant que pour parvenir à une intégration au niveau continental il fallait commencer par le niveau régional. Mais les retours sceptiques du public démontrent que des organisations de ce type ont encore beaucoup de travail à faire pour convaincre de leur efficacité ou tout simplement pour faire comprendre l’importance de leur travail à la société civile. D’autres questions pertinentes et commentaires ont pu être soulevés au cours de cet échange : 

  • Ne faut-il pas résoudre les problèmes politiques et économiques au niveau national avant d’imaginer de concevoir une unité internationale ?
  • Les problèmes de xénophobie récents en Afrique du Sud montrent que les blocages de l’union africaine ont des racines très profondes et complexes 
  • Le système clanique en Ouganda est un premier frein à l’intégration continentale
  • Le manque de confiance entre africains est un autre frein regrettable
  • Peut-on parler d’une même et seule culture, et donc de valeurs communes, quand il existe des fractures linguistiques profondes (par exemple entre l’Afrique anglophone et l’Afrique francophone) ?

Face à toutes ces inquiétudes Kwezi Tabaro a rappelé que la lente construction de l’Union Européenne, et plus récemment le Brexit, montrent qu’un processus d’intégration entre plusieurs Etats n’est pas un projet facile à mettre en place. 

Pour finir quelques réactions intéressantes de certains membres du public ont apporté un angle original au débat : certains jeunes étudiants ont affirmé qu’ils se pensent déjà unis malgré les frontières physiques entre les pays et les prétendus clivages entre populations. Selon eux les jeunes générations ont une vision beaucoup plus panafricaine qui se vit au travers des réseaux sociaux ou de la musique. Une priorité demeure malgré tout : la suppression des visas. Et c’est une demande qui a été réitérée par plusieurs hommes d’affaires présents dans le public. 

Entre vision et implémentation des politiques, on voit qu’il reste encore un long travail à faire pour fédérer les 54 pays autour d’un projet qui doit à mettre en place plus de stabilité économique et politique. Un projet urgent comme l’a souligné un des panélistes en citant KWAME : « Africa must unite now or perish tomorrow.”

PANEL

  • Kwezi Tabaro, LéO Africa Institute
  • Dr Caroline Roussy, Institut de Relations Internationales et Stratégiques 
  • H.E Rosette Nyirinkindi Katungye, African Union
  • Shaban Mugumya, Student Debate Winner
  • Dan Kidega, Former speaker East African Legislative Assembly 
  • Modérateur: Alan Kasujja

Magaly Losange


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *



Current track

Title

Artist