Kampala Geopolitics Conference 2020

Written by on 20 octobre 2020

Compte-rendu première conférence

Contre toute attente, le lancement de la nouvelle édition des Kampala Geopolitics Conference s’est effectué devant un public élargi ce lundi 19 octobre. En effet s’il n’est pas possible au public d’assister aux débats en raison des mesures sanitaires exceptionnelles, un partenariat avec la chaine de télévision NBS a permis aux organisateurs de toucher le plus grand nombre via les écrans connectés. Et en troquant les vastes allées de l’université de Makerere contre l’auditorium feutré du studio de la chaine télévisée NBS, la conférence n’a en rien perdu en prestige. 

C’est la preuve de la capacité de l’ambassade de France en Ouganda et de Konrad Adenauer Stifung (KAS) à se réinventer et à tirer parti de ce qui aurait pu être une situation incommodante. Pour sa troisième édition, les Kampala Geopolitics Conference ont justement pour objectif de présenter les impacts de la pandémie sur les dynamiques politiques et socio-économiques présentes et à venir. La première conférence a donné le ton en invitant les panélistes à s’interroger sur les nouvelles formes de gouvernance et de solidarité déployées face à la menace globale. Stronger together ? Telle était la question posée et disséquée par le journaliste Alan Kasujja bien connu pour son approche vive et sans concession.  Le bilan serait assez mitigé selon les panellistes invités. On pourrait tout d’abord se féliciter des multiples signes de rapprochement et de collaboration au niveau mondial comme l’a fait Andrea E. Ostheimer de Sosa. La représentante de KAS pour les Etats-Unis a en effet saluer l’initiative des Nations Unis qui a très tôt invité les pays à unir leurs efforts pour vaincre la pandémie de COVID-19, et demandé un cessez-le-feu mondial. Le représentant de l’Organisation Mondiale de la Santé en Ouganda (Dr Yonas Tegegn Woldemariam) a pareillement salué les efforts de collaboration scientifique qui ont permis de développer des réponses communes en termes de test et d’accélérer le travail des chercheurs pour trouver un vaccin efficace. 

Mais ces rapprochements multiples peuvent-ils faire oublier la suspension de la contribution américaine à l’OMS et l’attitude de repli de certains pays occidentaux ? A une échelle plus réduite Beatrice Kiraso (ancienne secrétaire générale de la communauté d’Afrique de l’Est) a de même regretté la position arbitraire de la Tanzanie qui a mis en péril les mesures prises par les autres pays d’Afrique de l’Est. Comme l’a rappelé l’ambassadeur d’Italie en Ouganda, pour faire face à un virus sans frontière la meilleure réponse devrait être le renforcement des solidarités et des coordinations, même quand cela signifie une perte de gouvernance au niveau national. Et quand le modérateur s’est interrogé sur la pertinence du terme de solidarité compte tenu des difficultés des migrants africains sans solution face a la fermeture des frontières européennes, l’ambassadeur Massimiliano Mazzanti a lui rappelé l’effort de ces pays pour soutenir l’aide au développement malgré la crise qu’ils traversent eux-mêmes. 

Enfin la première conférence a mis l’accent sur quelques points cruciaux. Tout d’abord que l’Ouganda a sans aucun doute fait preuve de clairvoyance en prenant au sérieux la menace COVID-19 très tôt. C’est la preuve que certains pays développés ont beaucoup à apprendre de pays plus expérimentés en matière de gestion de pandémie. Ensuite que cette crise nous rappelle l’importance d’être plus en phase et de protéger la biodiversité, car c’est le lien entre les humains et leurs milieux naturels qui apportera peut-être une vraie solution à la crise actuelle. 


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *



Current track

Title

Artist

Background

Covid-19 les initiatives du continent et les infos de l'OMS

Lire plus