Kampala Geopolitics : Go Green or go home

Written by on 5 November 2019

Vendredi 18 octobre 2019

L’ultime conférence sur les thèmes de l’environnement et du développement vertueux s’est déroulée en petit comité : seulement une vingtaine de personnes a assisté à cette dernière rencontre. Mais si ces sujets ne semblent pas mobiliser autant que les débats d’ordre sociétal ou géopolitique, les questions soulevées n’étaient pourtant pas sans importance. 

Tout d’abord du fait de l’urgence de la situation. Comme rappelé par Susan Naduddu les températures mondiales devraient augmenter de 1.5 point d’ici 2030 ce qui pourrait détruire l’équivalent de 80 millions d’emplois. Elle a de même souligné que dans ce contexte il n’est plus envisageable d’avoir des politiques publiques qui ne prennent pas en compte les questions environnementales. Puis un autre postulat a été souligné :  l’obsolescence du clivage entre protection de l’environnement et création de croissance. Pour conclure la phase d’introduction Peter Nyeko a jugé bon de rappeler pourquoi le sentiment d’urgence devrait se faire sentir plus spécifiquement en Ouganda : avec une croissance démographique soutenue et une population qui devrait passer de 40 millions à 80 millions d’habitants d’ici une dizaine d’années, le pays devra tout multiplier par deux pour répondre aux besoins de la population.  

Une des questions centrales soulevées était comment passer de la stratégie, de la théorie, à l’implémentation. Pour Anja Berretta c’est le rôle des gouvernements d’assurer l’implémentation des politiques publiques. Et elle a ainsi cité des exemples d’initiatives vertueuses (au Ghana, au Sénégal) en soulignant qu’il est important de partager ces « success-stories » pour inspirer les autres pays. Puis tout au long de la conférence, d’autres propositions pertinentes pour impulser un changement sur le terrain ont été formulées : 

  • Le rôle des citoyens qui doivent rendre les gouvernements responsables
  • La conscientisation des habitants et des organisations privées
  • L’importance d’avoir un d’un incubateur des énergies renouvelables et d’un espace innovateur, pour impulser le développement de projets « verts »
  • Un soutien financier choisissant le « low carbon investment » (du fait des couts d’investissement plus élevés de départ)
  • Un système d’aides, de détaxations pour les utilisateurs d’énergie vertueuse (par exemple les panneaux solaires) 
  • Des solutions pour montrer aux petites et aux moyennes entreprises que même a leur niveau il peut être rentable d’investir dans les initiatives vertes (par exemple un audit des compagnies pour mesurer leur performance ou encore la mise en place d’outils digitaux pour réunir des personnes sans émettre plus de rejet carbone)

Au vu des questions et des commentaires qui ont accompagné la formulation de toutes ces propositions, le défi majeur semble bien être le manque de communication et de visibilité sur les initiatives engagées, mais aussi sur les moyens aujourd’hui disponibles. C’est donc une question à laquelle le « National Adaptation Plan » (l’agence chargée des transformations structurelles en Ouganda en réponses aux changements climatiques) doit répondre.

Enfin comme toujours la phase de questions et réponses avec le public a permis de faire remonter des points très intéressants : 

  • Le conflit entre l’origine des pollueurs et celle des victimes directes de la pollution
  • La responsabilité des investisseurs privés
  • L’importance pour la population locale de comprendre le lien entre changements climatiques et manque d’opportunités économiques à leur échelle, en d’autres mots sur le fait que nous sommes tous concernés. 

Le mot de la fin revient sans aucun doute à un des étudiants de Makerere selon qui la protection de l’environnement commence par des gestes simples. Il a donc proposé que soit mis en place au sein de l’université le tri et le recyclage des déchets, en parallèle d’une campagne de sensibilisation pour limiter l’utilisation des bouteilles en plastique. En espérant que ce message soit entendu !

PANEL :

  • Peter Nyeko, Mandulis Energy
  • Susan Nanduddu, African Centre for Trade and Development
  • Anja Berretta, KAS Sub Saharan Energy Security & Climate Change
  • Aine Amani, Student debate winner
  • Miriam Talwisa, Climate Action Network
  • Modérateur: David Mbae, KAS Zimbabwe

Magaly Losange


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *



Current track

Title

Artist